samedi 21 avril 2018

Comment un occupant de Tolbiac a été blessé à la tête






Lors de l’expulsion policière du site universitaire de Tolbiac vendredi 20 avril, un occupant a été blessé à la tête en chutant, selon les témoins interrogés par Reporterre. La préfecture dément tout blessé « grave ». Le syndicat Sud Santé assure « qu’un patient a été proposé à la grande garde de neurochirurgie ».

Les faits se déroulent aux alentours de 5h vendredi 20 avril, à la faculté de Tolbiac, occupée par le mouvement étudiant. La police intervient pour en déloger les occupants. Deux témoins directs de la scène rapportent les détails à Reporterre. Un petit groupe d’occupants – dont les témoins, des SDF qui participaient activement à l’occupation depuis une dizaine de jours – tente de fuir la police en s’échappant par l’arrière du bâtiment, via les terrasses, qu’une échelle relie à une rue adjacente, la rue Baudricourt. Des policiers de la Brigade anti criminalité (BAC) leur donnent la chasse. Tous les occupants parviennent à descendre dans la rue, sauf un. Au moment où ce dernier allait descendre, un agent de la BAC lui agrippe une jambe. L’occupant, déséquilibré, bascule tête en avant et s’écrase au moins trois mètres plus bas.

Les deux témoins ont vu le geste du policier et la chute du fuyard. Un troisième témoin confirme à Reporterre leur description du corps, qu’il a vu à terre. Le blessé, tombé sur le visage, a du sang qui sort par la bouche, le nez et les oreilles. Les témoins tentent de le réanimer, en vain. L’homme est dans un état d’inconscience. L’un des témoins appelle aussitôt les pompiers, qui arrivent sur les lieux trente minutes plus tard et emportent le jeune homme.

Peu après, la police barre l’accès à la rue Baudricourt, lieu de la chute. À sept heures, les agents du nettoyage municipaux entrent dans la rue. Un des deux témoins directs les voit effacer les traces de sang au sol. Or, rappelle l’avocat Me Raphaël Kempf, citant l’article 434-4 du Code pénal : «  est puni de trois ans d’emprisonnement (...) le fait, en vue de faire obstacle à la manifestation de la vérité : De modifier l’état des lieux d’un crime ou d’un délit soit par l’altération, la falsification ou l’effacement des traces ou indices ». Pourtant, la préfecture de police continue à nier les faits.

Nul ne sait précisément où se trouve samedi matin le jeune homme, ni qui il est. Des occupants de Tolbiac rapportent l’avoir vu lors de la première semaine d’occupation, avant son retour pour la nuit du 19 au 20 avril. Quant à son lieu d’hospitalisation, le flou demeure « total », aux dires du syndicat Sud Santé Sociaux vendredi après-midi. Après de premières nouvelles évoquant l’hôpital Cochin dans le XIVe arrondissement, il se pourrait que le blessé se trouve à l’hôpital du Kremlin-Bicêtre.

Quoi qu’il en soit, les ex-occupants de Tolbiac vont prochainement effectuer une déposition judiciaire, en s’appuyant sur les déclarations d’un témoin direct (l’autre craignant des représailles de la police) et du témoin qui a vu le corps à terre.

La préfecture de police a quant à elle publié un communiqué dans l’après-midi du 20 avril assurant « qu’aucun blessé grave qui puisse être en lien avec cette opération d’évacuation n’a été hospitalisé dans les services de réanimation tant médicale que chirurgicale ou neurochirurgicale ».

Cependant, dans un communiqué publié samedi 21 avril, le syndicat Sud Santé écrit : « De source hospitalière, nous savons qu’un patient a été proposé à la grande garde de neurochirurgie mais refusé parce que ne relevant pas de la chirurgie, et transféré dans un autre établissement. » Interrogé par Reporterre, un représentant du syndicat indique : « Ce que l’on sait de source hospitalière, c’est qu’il y a eu un coup de fil au service de garde de neurochirurgie du Kremlin-Bicêtre, et que le patient n’a pas été pris en charge, parce que le service était saturé à ce moment et que le cas ne relevait pas de la neurochirurgie. » Le blessé a été dirigé ailleurs. Le syndicat Sud Santé APHP (Assistance publique des hôpitaux de Paris) demande à la direction de l’APHP de « lever le voile sur cette affaire ».

Dans un tweet publié à 12h30, l’APHP « dément fermement les rumeurs selon lesquelles un blessé grave aurait été conduit dans l’un des services de l’AP-HP à la suite de l’évacuation de #Tolbiac ».

Le site Paris Luttes indique de son côté qu’un rassemblement se tiendra devant l’hôpital Cochin samedi 21 avril à 14h « pour obtenir la vérité de la part des services hospitaliers ».

Réagissant aux déclarations de la direction de l’AP-HP, le syndicat Sud Santé AP-HP a publié vers 14h30 un communiqué qui en prend acte. Il précise : « Considérons les déclarations de l’APHP comme recevables, l’investigation doit porter alors vers l’équipe de premier secours qui a pris en charge la victime et reste de fait la plus à même d’en préciser et son état et l’hôpital où il a été transféré ».

Interrogé samedi midi par Reporterre, la Bridage des sapeurs-pompiers de Paris renvoie au communiqué de la Préfecture de police de vendredi après-midi, selon lequel « à 6 h11 un jeune homme a été conduit par la Brigade des Sapeurs-Pompier de Paris à l’hôpital de la Pitié Salpêtrière pour une douleur au coude ; l’intéressé a quitté l’établissement de lui-même à 17h30 ».

dimanche 8 avril 2018

Tous avec la ZAD !

VENGEZ MOI !!!
Affronter directement le corps social voila une façon originale de lui redonner vie...

Qui allumera la mèche ?

Un Plan Juppé bis repetita versus Macron
L’intervention des gendarmes mobiles a débuté » vers 3 heures du matin, suivie d’un « nuage de lacrymogène. 
Tir Tendu INTERDIT ?

ZAD appel à se mobiliser

Les cheminots en lançant une géniale "Grève Perlée" (comme en 36...) imposent le "Temps Long" de la lutte sociale au timing mortifère du capitalisme.

Il est très rare dans une vie de connaître une situation pré-révolutionnaire, c'est le cas en France depuis la fin du mois de Mars 2018.
La conjonctions des luttes sociales, le choix ultra-efficace de la grève Perlée comme moyen d'action chez les cheminots, les différents mouvements lycéens et étudiants, les groupes de fonctionnaires et agents hospitaliers, les éboueurs, les retraités, s'ajoutent aux grandes grève du privé comme Carrefour et Air France mais aussi aux fronts de lutte locaux et bien enracinés en plus des ZAD et en particulier de celle de NDDL menacée par 2500 soldats gens d'armes pour lundi 9 avril.

Avec une situation internationale délétère et plus dangereuse que jamais au moyen-Orient.
En Palestine on tue à tour-de-bras et l'on comprends mieux, avec 16 palestiniens assassinés froidement par Israël, pourquoi un simple meurtre crapuleux à Paris est érigé en Virtual Pogrom  antizemite juste avant la date choisie et planifiée pour les meurtres de palestiniens face au Mur...
Tous les éléments se mettent en place pour une déflagration majeur universelle qui va marquer cette époque.


Témoignage d'un bisounours:

mercredi 7 mars 2018

ZAD NDDL - À nos soutiens, contre la présence policière sur la D281


Comment Macron militarise l'espace social




Depuis 3 semaines, la zad vit une énorme présence policière. Sous prétexte d’encadrer des machines de travaux, entre 20 et 50 fourgons des gendarmes mobiles occupent la D281 tous les jours, empêchant les gens d’emprunter la route et engageant une opération de fichage et de harcèlement. Il faut bien imaginer ce que cela représente : des centaines de gendarmes mobiles à quelques mètres de lieux de vie, entravant nos déplacement et nous isolant les un.e.s des autres.


On constate que cette opération policière a des objectifs moins banals que protéger une débroussailleuse. Il y a un énorme programme de fichage et de surveillance : des passages réguliers de l’hélico et d’un drone, la présence d’un camion avec caméra télescopique et une antenne d’écoute, des physionomistes, et la prise d’images vidéo constante. En plus de surveiller et ficher, les flics ont visité (comprendre par là : entrer et tout retourner) plusieurs lieux de vie en l’absence de leurs occupant.e.s, et une voiture a été embarquée. Il y aussi un objectif d’intimidation, avec un dispositif énorme arrivant parfois avant l’aube comprenant des camions bâchés la première semaine avec présence d’armes à feu automatiques, en plus des unités du PSIG et une unité antiterroriste. On se demande d’ailleurs combien coûte une telle opération…

Où on sommes-nous ? Actuellement, les travailleureuses ont débroussaillé les bords de la route et curé les fossés, et illes sont en train de refaire des entrées de champs. Ensuite, illes refont la chaussée, puis la peinture et la signalisation. Les dates de fin du chantier ne sont pas claires, mais si la situation ne change pas, cela signifie une présence de gendarmes mobiles sur la route jusqu’à fin mars, date à laquelle le gouvernement annonce expulser les « occupants illégaux ».

Des engagements pris à l’oral devant des occupant.e.s et des naturalistes par le département n’ont pas été respectés. Le débroussaillage a été fait plus près que prévu, les fossés surcreusés malgré le fait que c’est pas la période pour du curage complet à cause des habitats des amphibiens, et plusieurs entrées de champs ont été enlevées. De notre côté, il y a eu plein d’efforts pour que les travaux puissent bien se passer, avec deux cabanes démontées et une troisième déplacée.

La position des occupant.e.s, qu’on tient depuis des discussions collectives entamées au début des travaux, c’est qu’on veut laisser les travaux validés collectivement se poursuivre. On exige la transparence autour des travaux, et l’obtention des documents des travail et d’études, y compris celui de leurs experts environnementaux, pour validation collective. On exige que la route soit adaptée pour tout.e.s, y compris les habitant.e.s proches, et dans cette optique qu’elle soit limitée en vitesse à 50km/h avec des sections à 30 et des ralentisseurs. Et on exige que les demandes des naturalistes soient prises en compte.

À partir d’aujourd’hui, on exige que la présence policière cesse. L’état profite de ce prétexte pour faire du harcèlement et du fichage. À quelques jours du début des négociations avec l’état et à quelques semaines des éventuelles expulsions, leur présence est une provocation. On peut facilement imaginer que leur stratégie est d’augmenter la tension sur la zone et d’espérer le dérapage qui permettra aux médias et au gouvernement de montrer qu’il y a ici des radicaux à expulser. Si la demande de retrait des policiers et gendarmes n’est pas entendue, nous nous organiserons pour faire en sorte qu’ils partent. On demande aux comités de soutien de rester attentifs.

Il y a plusieurs vidéos qui témoignent, comme celles-là :


Des occupant.e.s, le 23 février 2018.
 

vendredi 5 janvier 2018

Tapis dans le bocage : la vérité sur les armes secrètes des "zadistes"



Tapis dans le bocage : La vérité sur les armes secrètes des "zadistes"

 

 

 Alors que l’hypothèse d’un abandon officiel du projet d’aéroport se dessine enfin, on assiste en parallèle à une campagne politique et médiatique de diabolisation des "zadistes". A partir de quelques photos et informations diffusées par des services de gendarmerie, nous voyons, depuis quinze jours, enfler des fables reprises sans aucune gêne d’articles en plateau télé par une cohorte d’"analystes", élu.e.s et journalistes. Ceci sans que les un.e.s ou les autres semblent souvent se préoccuper de vérifier quoi que ce soit avant publication.

Dans une atmosphère digne d’une mauvaise Cendrillon, un puits se transforme alors en tunnel viet-cong, des bâtons plantés dans un talus en une herse sanguinaire, des zadistes kamikazes attendent du haut des arbres pour mourir en se jetant sur la police et les sentiers empruntés quotidiennement par tout un chacun sur la zad sont piégés de toute part.

Au final, la zad serait habitée par une bande de 150 fous furieux tapis depuis des années dans le bocage le couteau entre les dents, occupés à essayer tant bien que mal de souder dans la boue des lames de rasoir sur des boules de pétanque. Il arrive heureusement parfois que des journalistes fassent aussi leur travail et que certains des mensonges les plus grossiers soient démasqués : le couple mascotte de riverains indignés contre la zad au printemps 2016 étaient de faux voisins ; le JDD a dû s’excuser mardi pour ses fausses "photos secrètes des armes de la zad"...

Ce n’est pas la première fois que nous avons à faire face à ce type de campagnes médiatiques, qui nous informent avant tout sur les fantasmes de leurs auteurs. Leurs boniments hargneux peuvent bien nous faire rire parfois lors des veillées hivernales. Mais nous n’oublions pas, qu’au-delà de vendre du papier, ils appuient des objectifs précis et pourraient avoir des conséquences funestes.

Pour préparer l’opinion à une éventuelle évacuation de la zad, il faut, de nouveau, créer l’image la plus étrangère et la plus anxiogène possible des personnes que l’on s’apprête à réprimer. Il s’agit d’opérer, dans les représentations, le glissement de la catégorie de "militant.e.s" vers celle de "terroristes". Ce que le tableau des "djihadistes verts" vient alors légitimer, c’est que l’on emploie éventuellement demain des moyens de répression extrêmement brutaux et possiblement inédits contre nous.

On retrouve dans tous ces récits la traduction d’une volonté classique de diviser un mouvement, en tentant de stigmatiser et d’isoler de leurs alliés les franges qui apparaissent comme les plus gênantes. Il faut dire qu’il y a visiblement dans ce pays une foule de décideurs pour qui la zad et le mouvement anti-aéroport représentent dans leur ensemble un insupportable affront. Pour ceux qui sentent bien que, pour une fois, le vent pourrait tourner en leur défaveur, le mot d’ordre semble clair : "Aéroport ou pas, vengez nous au moins des zadistes !". Et ce quand bien même le sens de la décision annoncée par le gouvernement finirait par donner raison à celles et ceux qui auront défendu ce morceau de bocage.

Mais si la question de l’évacuation de la zad est restée depuis 2012 ingérable pour l’État, cela n’a jamais tenu en soi à la question de 150 soi-disant "ultra-violents", finalement aisément éjectables en d’autres circonstances. Ce que celles et ceux qui crient au loup cherchent à gommer c’est que le gouvernement fait face depuis des années à un mouvement populaire impliquant des voisin.e.s et des paysan.ne.s, des associations et des groupes informels, des syndicats ou des comités de soutien dans toutes la France. Et ce mouvement, dans toute son hétérogénéité, a l’insolence de s’être donné les moyens de faire front commun. Si le ministère de l’Intérieur, à l’automne dernier, prévoyait en cas d’expulsion de mobiliser jusqu’au deux tiers des effectifs policiers disponibles dans ce pays, ce n’est pas parce qu’il devrait régler le problème d’une quelconque avant-garde combattante isolée, mais bien parce qu’il ferait face à des dizaines de milliers de personnes prêtes à résister sur le terrain. Ces dizaines de milliers de personnes ce sont, entre autres, celles qui sont venues planter leurs bâtons le 8 octobre 2016 sur le sol de la zad et qui demain, si le gouvernement s’entêtait, seraient partout sur les routes et dans les champs pour arrêter la police et les tractopelles. Ce sont aussi toutes ces personnes qui aux quatre coins du pays iraient occuper leur mairie, leur préfecture ou les places de leur ville en signe de protestation.

Cette détermination n’a rien de nouveau. Déjà à l’automne 2012, 2000 policiers avaient été mis en échec par des semaines d’opposition physique extrêmement hétérogène - des personnes derrière des barricades ou dans des cabanes dans les arbres, d’autres allongées sur les routes ou entrelacées sur les toits des maisons, des tracteurs enchaînés et des chantiers constants de reconstruction. Ce que cette résistance improbable avait alors suscité c’était un élan de soutien massif dans toute la région. Ce qui a changé depuis 2012, c’est que la zad est devenue plus emblématique encore et que les solidarités multiples qu’elle suscite se sont densifiées.

Dans le fond, ce que la focalisation pour les "pièges cachés" et les "boules de pétanque" cherche à mettre sous le tapis c’est qu’il ne s’agit pas simplement pour les habitants et usagers de la zad, anciens et nouveaux, d’empêcher la destruction d’un territoire mais aussi de réinventer d’autres mondes possibles. A ce niveau, il convient de préciser qu’il n’y pas sur la zad des "ultra-violents" d’un côté et des "néo-ruraux" de l’autre, mais une diversité de personnes déterminées à vivre et lutter ensemble. Nous ne séjournons pas dans des casernes mais construisons pas à pas depuis des années des formes de vie, d’habitat et d’activités fondées sur le partage, la rencontre, le soin du vivant et des biens communs.

Pour tous ceux qui, derrière leurs beaux discours, comptent bien continuer à tirer profit de la destruction des ressources naturelles, des inégalités croissantes et de la domestication des populations, il est visiblement inacceptable que quiconque essaie de s’organiser - de manière un tant soit peu visible et conséquente - à contre courant de leurs valeurs mortifères. Et pourtant, on peut parier, face à un monde qui va droit dans le mur, que ce qui se tente concrètement sur la zad de Notre-Dame-Des-Landes - et dans d’autres espaces - pour reprendre sa vie en main, continuera à être jugé essentiel et soutenu par un nombre de plus en plus important de personnes.

Des habitant.e.s de la zad.

 

 Pourquoi converger massivement sur la ZAD le 10 février ?

Depuis des décennies, les 1650 ha de la zad sont menacés par un projet d’aéroport climaticide, destructeur de terres nourricières, de zone humides et de liens sociaux. En lieu et place de ce projet, des paysan.ne.s résistant.e.s ont continué de vivre sur leurs terres et de nouveaux.elles habitant.e.s sont arrivé.e.s dans les 10 dernières années. Il s’invente sur la zad des formes de vie, d’habitats et d’agriculture fondées sur le partage, la rencontre, le soin du vivant et des biens communs.

Le 9 février, la Déclaration d’Utilité Publique du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes aura 10 ans. Si le gouvernement, à l’issue de la médiation nommée il y a 6 mois, décide enfin d’abandonner ce projet mortifère, le 9 février marquera la fin officielle de la Déclaration d’Utilité Publique. Nous serons alors heureux de célébrer la préservation de ce bocage, avec toutes celles et ceux qui ont accompagné cette longue histoire de lutte au cours des dernières décennies. Nous convergerons pour poser ensemble les prochains jalons de l’avenir de la zad de Notre-Dame-des-Landes.

Si le gouvernement décidait envers et contre tout de s’entêter, il nous faudrait alors être aussi fort nombreux.ses à réaffirmer notre volonté d’empêcher le démarrage des travaux et de toute expulsion sur la zad.

Quelle que soit la position du gouvernement suite au rapport de la médiation, et en espérant le meilleur pour la suite, nous vous appelons donc à vous organiser dès aujourd’hui pour se retrouver sur la zad le 10 février et enraciner son avenir.
 

lundi 11 septembre 2017

USA : La crise des opioïdes liée aux pertes d’emplois


Extermination

Une évidence que commencent à comprendre ces imbéciles d'amerloques. 
En France la même opération est en cours et explique la mise sur ordonnance de la codéine pour pousser le maximum de toxicos vers les héroïnes synthétiques qui inondent le marché noir.  
Et bientôt ces mêmes opioïdes mais "légaux" et qui enrichissent les labos cotés en bourse pour le plus grand profit des actionnaires US, déferlerons sur l'Europe. C'est l'autre face de la dé-régularisation du Droit du Travail. Les anciens salariés devenus surnuméraires doivent être tenu en laisse par le poison chimique le plus profitable au détriment de l’excellent opium naturel toujours interdit. Moins l’Afghanistan produit d'opium, plus la CIA prétend le contraire...
Macron a cette tache à accomplir pour sauver le modèle capitaliste-esclavagiste.

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Le Canada et les États-Unis traversent une crise sanitaire due à la généralisation des opioïdes. 1/3 des États-uniens souffre de douleurs chroniques conduisant les médecins à prescrire 289 millions de fois des opioïdes en 2016.

Les médicaments opiacés sont plus chers que l’héroïne vendue au marché noir.

Il n’existe pas d’estimation fiable du nombre de patients devenus dépendants aux opiacés.

Selon le département de la Santé, en 2015 12,5 millions d’États-uniens abusaient des opioïdes, plus de 33 000 en sont morts. Cette années là, la crise de santé publique a coûté 78,5 milliards de dollars.

En 2016, le nombre de morts par overdose de médicaments opiacés ou d’opiacés illégaux aux États-Unis était à peu près équivalent aux morts sur la route et nettement supérieur aux victimes des attentats terroristes dans l’ensemble du monde.

Le 10 août 2017, le président Trump a déclaré la crise des opioïdes « urgence nationale ».

Une étude du professeur Alan B. Krueger de l’université de Princeton a mis en lumière le lien étroit entre la crise des opiacés et l’effondrement du marché du travail.

Une recherche, comté par comté, atteste que la moitié des hommes de 25 à 54 ans sans emploi tombe rapidement malade, n’est plus en état de retravailler, et est contrainte de prendre quotidiennement des opiacés. Cette observation n’est pas vérifiée pour les femmes.



Un écho français dans Le Monde
On admire ici le bon jésuite de l’EHESS...
  

Par Pierre-Yves Geoffard, professeur à l’École
d’économie de Paris, directeur d’études à l’EHESS. 18 septembre 2017

Le faible taux de chômage américain cache une part croissante de travailleurs qui ont cessé de travailler, ou ont renoncé à chercher un emploi. Un fait concomitant à l’épidémie des opioïdes.

                                                  

L’opium du peuple qui a renoncé


Aux États-Unis, la mort par overdose est devenue, en 2016, la première cause de décès des moins de 50 ans. Alors que l’excès de drogues avait tué 4 000 personnes en 1999, moins de vingt ans plus tard plus de 62 000 d’entre elles en sont mortes. Et les chiffres continuent à augmenter, d’année en année. L’essentiel de ces décès est dû aux opiacées, et aux puissants antidouleurs contenant des dérivés de l’opium, naturels ou de synthèse. Ces médicaments ont été massivement prescrits dès les années 90, à une époque où leurs effets addictifs étaient largement sous-estimés, tant par les laboratoires pharmaceutiques que par les autorités sanitaires. Qui plus est, «l’épidémie des opioïdes» n’est pas seulement un désastre en termes de santé publique. Ses dégâts sur l’économie sont aussi considérables.

Les États-Unis sont régulièrement mis en avant pour leur taux de chômage de 4,3 %, laissant croire que l’économie est au plein-emploi. Mais ce chiffre est trompeur, car il en cache un autre bien moins favorable. Le taux de participation, qui mesure au sein de la population en âge de travailler, la part de celles et ceux en emploi ou en recherche d’emploi, est quant à lui très faible, déclinant depuis le début des années 2000 pour atteindre fin 2015 62 %. Au sein de l’OCDE, seule l’Italie fait pire. Certes, le chômage est bas, mais des dizaines de millions de travailleurs potentiels, non seulement ont cessé de travailler, mais ont même renoncé à essayer de trouver un emploi.

Même si ce retrait du marché du travail est concomitant de l’épidémie des opioïdes, il n’est pas évident d’établir un lien entre les deux phénomènes. Cela reste pourtant l’un des résultats frappants d’un récent article d’Alan B. Krueger (1).Ce spécialiste reconnu de l’économie du travail, qui avait notamment montré avec David Card que dans certaines situations, l’instauration d’un salaire minimum pouvait inciter des travailleurs retirés du marché de l’emploi à y retourner. Dans sa récente étude, Krueger s’interroge sur les raisons de la baisse continue, depuis plusieurs décennies, du taux de participation aux Etats-Unis. Environ la moitié des hommes entre 25 et 54 ans, qui ont renoncé à travailler, souffrent de sérieux problèmes de santé ; toujours près de la moitié d’entre eux consomme quotidiennement des médicaments contre la douleur, pour la plupart prescrits par un médecin. L’analyse de Krueger montre que la participation au marché du travail a baissé davantage là où le taux de prescription de ces médicaments était le plus élevé. Même si un tel lien n’établit pas que l’une est due à l’autre, ni l’inverse, ces résultats vont dans le même sens que ceux d’Anne Case et Angus Deaton, qui avaient relevé une augmentation de la mortalité chez les individus blancs, non hispaniques, les moins éduqués. Ces «morts du désespoir» sont pour une grande part dus à l’abus de drogues, d’alcool, ou au suicide ; et elles révèlent aussi une grande isolation, un moindre taux de mariage, et une faible participation au marché du travail.

Rassemblés, ces faits dessinent un sombre portrait des États-Unis, où des pans entiers de la population sont des laissés-pour-compte. Il montre aussi à quel point la santé influence de nombreux comportements, conditionne l’activité, le revenu et le niveau de vie. Négliger la santé publique, c’est aussi empêcher des millions d’individus de contribuer à la production de richesses. Suffit-il pour autant de garantir, par une assurance santé universelle, un accès aux soins pour tous ? Loin de là. Car ce que montre aussi l’analyse de Krueger, c’est qu’une part importante de la consommation d’opiacés est due à des prescriptions trop fréquentes, favorisées par la couverture santé. Il importe aussi de réguler l’offre de soins pour éviter de telles dérives. Au-delà du système de soins, il faut surtout s’attaquer aux déterminants sociaux des inégalités de santé. De plus en plus d’analyses montrent qu’il est nécessaire d’agir dès la petite enfance, notamment auprès des plus défavorisés. Et même si de tels programmes sont coûteux, certains améliorent la santé de manière durable, favorisent l’éducation et l’accès à de meilleurs emplois, bénéficiant aussi à l’économie.

(1) «Where Have All the Workers Gone ? An Inquiry Into the Decline of the US Labor Force Participation Rate», Brookings Papers on Economic Activity, September 2017.

Cette chronique est assurée en alternance par Pierre-Yves Geoffard, Anne-Laure Delatte, Bruno Amable et Ioana Marinescu.
Pierre-Yves Geoffard professeur à l’École d’économie de Paris, directeur d’études à l’EHESS.



mercredi 12 juillet 2017

Codéine sur ordonnance, Merci pour le BIZ !

Le nom du coupable: Nicolas Authier, président de la commission des stupéfiants de l’Agence nationale de sécurité des médicaments et des produits de santé (ANSM). 
Fabrice Olivet d'ASUD nous apprend qu'il a participé à cette bouffonnerie qu'il assure être "démocratique", à gerber !
Certes il réprouve mais il siège tranquille à ce synode infecte, honte pour lui et trahison de tous les principes de la substitution pour ASUD.
Authier surfe sur le malheur d'une seule mère de famille alors qu'il s'agit de milliers d'overdoses évitées depuis 30 ans. Car la substitution est un ensemble complexe avec ses remèdes sauvages mais peu dangereux comme le codéine et sa partie officielle mais drivé par des labos orwelliens et l'Ordre des médecins cadeaux du Maréchal Pétain. C'est cet équilibre fragile d’accès aux produits de base qui permis un effondrement des OD depuis 1995.
L'Irresponsabilité érigée en mode de gouvernance, la méthode Macron ?
Interdisons voitures, vélos, motos et boisons alcoolisées... Il y aura toujours une mère de famille pour lancer une pétition émotion qui ne fera pas revenir son enfant mais nuira à tous les autres.
Tous ont décroché au moins une fois aux Néos et Codéthyline Houdé...
Qui regrette les braquos et casses de pharmacies et toubibs ?
Des millions de boites de ces produits sont vendu en France chaque années, pauvre pharmagos, c'est 30 années de tranquillité qui partent en fumée.


Ordre et morale

Ils n'ont rien appris, rien compris les démagogues qui gouvernent l’État. 
Il a suffit de trois articles s'effrayant de la vente de sirop et cachets de codéines pour que cédant aux puritanismes les plus niais ils accordent ce cadeaux aux trafics de drogue et poussent leurs chérubins vers les drogues durs. Cela tombe rudement bien l’héroïne est enfin bonne et amorce son fracassant retour en France...
Après trente piges de vaches maigres pour cause de SIDA et d'une politique de substitution imposée par les activistes au nom de la santé publique, ils entament une régression catastrophique. L'’exemple puritain suicidaire des USA en santé publique et toxicomanie devrait faire horreur à toute personne douée d'un zeste de raisonnement.
La réussite française en matière de drogues dures n'a été obtenue que par le sacrifice d'une génération de radicaux libertaires et autonomes qui avaient radicalisé ACT UP PARIS et appuyé ASUD. On sait comment la police politique s'empara d'ACT UP pour en faire le larbin des laboratoires et de l’État PS avec la ridicule matrone Emmanuelle Cosse, Agent des Services et responsable de la liquidation des droits des malades. Mariée à un violeur, pseudo-écologiste comme elle, elle fut chargée de verrouiller l'écologie en France pour salaire de ses trahisons: L’inénarrable Emmanuelle Cosse finira même Ministre pour gratification de son étouffement de la cause des malades et ce genre de truie ne se suicide jamais, elles prolifères ces métastases du capitalisme pourrissant. Le choix d'une telle crapule en dit long sur l'ignominie du personnage Hollande au sommet de l’État français.

Les Trafics vont pouvoir exploser et fournir directement les produits les plus puissants aux chérubins mais l'honneur des cons sera sauf. Ce sont presque toujours leurs propres enfants qui sont les victimes de leur immense connerie, les autres, ceux des banlieues ils s'en foutent et voudraient les voir crever...
Mais le banlieusard n’attend rien des bisounours en marche il ne vote et ne votera plus et c'est très bien ainsi.

La codéine à toujours été la substitution du pauvre en France. Elle a rendue des services et permettaient aux jeunes de se défoncer soft avec de l'alcool comme avant eux les ouvriers européens du 19e siècle qui achetaient leur boulette d'opium  pour limiter les beuveries si ravageuses dans les assommoirs de Paris. Un filet de sécurité vient de disparaître et aura des répercutions sur la santé publique comme sur l'ordre public en criminalisant de simples teufs d'adolescents et marginalisant un peu plus les toxicos qui essaient de se calmer sans soucis.
Les BAC vont pouvoir héroïquement faire chier les gamins des rues, tous terroristes bien connus de la micro-délinquance...
En avant vers le néant braves cons télé-phages qui votez Macron.

Le black Market casse déjà les prix:

Quelques documents sur les années SIDA:

ACS Lettres et Docs

Traces Autonomes

Sans Nuances

 

jeudi 6 juillet 2017

Baudrillard, détournement par excès






Un bon texte d'Anselm Jappe c'est rare. 
Ici il nous faut ajouter que Baudrillard est un enculé universitaire ce que Jappe ne peut évidement écrire l'étant lui-même...



[pdf] BAUDRILLARD DÉTOURNEMENT PAR EXCÈS

Si l'on voulait établir un classement des concepts utilisés actuel­lement de la manière la plus superficielle, la « société du spectacle » se trouverait assurément dans le groupe de tête. Qui est désireux de faire savoir qu'il n'est pas dupe des médias glissera ce terme au détour d'une phrase, peut-être sans même savoir que c'était le titre du livre fondamental de Guy Debord, paru en 1967. Mais s'il y a un terme capable de concurrencer la « société du spectacle » dans les discours vaguement critiques autour des méfaits des moyens de communication de masse, ce sera probablement le « simulacre » de Jean Baudrillard, ou un autre de ses termes. En effet, ces deux auteurs se trouvent souvent associés en tant que ceux qui auraient émis les diagnostics les plus impitoyables de l'impact des mass médias sur la société contemporaine. Et, qui plus est, Baudrillard est souvent vu comme un continuateur de Debord, ou Debord comme le prédécesseur de Baudrillard. Les concepts centraux de Baudrillard (le « simulacre », la « simulation », l'« hyperréalité », etc. - peu importe au grand public que Baudrillard ne les ait pas employés tous en même temps) apparaissent alors comme une radicalisation du concept de « société du spectacle », ou comme sa reprise plus adaptée au monde postmoderne et moins encombrée de terminologie marxiste. L'éditeur anglais Verso vient de publier La Transparence du mal (1990) de Baudrillard dans une série de livres consacrés à des « penseurs radicaux » comme Adorno, Benjamin, Lukàcs, Althusser, Lénine, et, justement, Debord.

Qu'en est-il de cette continuité prétendue ? Est-ce qu'on peut dire, au-delà du jugement qu'on veut donner sur chacun des ces penseurs, que leurs théories se situent dans la même ligne ? Biographiquement, la comparaison est vite faite. Baudrillard, qui était d'ailleurs plus âgé de deux ans que Debord, n'a jamais été situationniste et a commencé sa trajectoire de théoricien en 1968, lorsque La Société du spectacle et presque tous les numéros de la revue Internationale Situationniste étaient déjà parus. Il est vrai que Baudrillard, ayant été assistant de Henri Lefebvre à l'Université de Nanterre, lequel a bien connu les situationnistes, a assurément entendu parler d'eux et en a peut-être croisé quelques-uns. Dans la revue Internationale Situationniste et dans la correspondance de Debord, on ne trouve que quelques références fugaces, et naturellement méprisantes, à l'égard de Baudrillard. Debord ne le mentionne pas non plus dans ses écrits successifs, au moins pas directement. Baudrillard, de sa part, n'a jamais revendiqué une filiation situationniste, mais s'en disait inspiré [1].

Leurs attitudes, c'est bien connu, étaient radicalement différentes. Debord était discret, jusqu'à n'apparaître presque jamais en public, hautain et sérieux, tandis que Baudrillard, pour contester les formes habituelles de la vie intellectuelle, allait jusqu'à la bouffonnerie - on se souvient de ses conférences en paillettes - et donnait des conférences entières basées sur des jeux des mots, par exemple entre le Dasein de Heidegger et le design[2]. On peut se demander, sans lui faire de tort, s'il se prenait toujours au sérieux et s'il ne se moquait pas parfois de son public - avec de bonnes raisons d'ailleurs, et en pataphysicien qu'il était. Cependant, cette attitude était aussi cohérente avec sa théorie que le dédain de Debord avec la sienne. Il ne nous reste donc qu'à nous tourner vers une comparaison théorique. Il est vrai que même celle-ci est rendue plus difficile par le fait que Baudrillard restait souvent dans une ambiguïté voulue et aimait répondre qu'on ne l'avait pas bien compris et qu'il fallait prendre au « second degré » ses affirmations les plus controversées, par exemple sur la guerre du Golfe de 1991 qui « n'aura pas lieu ». En outre, il est passé par plusieurs phases dans sa réflexion et a souvent critiqué les concepts qu'il avait lui-même employés auparavant, pour rejeter quelques années plus tard les termes mêmes de sa critique antérieure, etc., si bien qu'on ne sait jamais trop bien où l'on en est avec lui. Ici, nous analysons surtout des écrits des années 1980 et 1990.

Quelques similitudes entre Debord et Baudrillard ne manquent pas. Ce dernier a repris, surtout au début de sa carrière, une partie de la critique situationniste de l'urbanisme. Mais c'est surtout le concept de « spectacle » qui revient fréquemment dans ses œuvres, normalement sous forme de références fugaces : « Si notre société n'était plus celle du "spectacle", comme on le disait en 68, mais, plus cyniquement, celle de la cérémonie [3] ? », parfois même sans le nommer directement: « S'il ne s'agissait plus d'opposer la vérité à l'illusion, mais de percevoir l'illusion généralisée comme plus vraie que le vrai ? ... Et si tout cela n'était ni enthousiasmant, ni désespérant, mais fatal[4] ? ». Dans une phrase comme : « Si la pensée n’anticipe pas sur ce détour­nement par son écriture même, c'est le monde qui s'en chargera, par la vulgarisation, le spectacle ou la répétition [5] », on trouve même deux concepts-clefs des situationnistes : « spectacle » et « détournement », ainsi que la volonté, typiquement situationniste, de se dérober à la « récupération » par le « système ».

Mais pour l'essentiel, tout dans leurs théories diverge (et l'on pourrait aller jusqu'à voir dans Debord un platonicien et dans Baudrillard un anti-platonicien). Baudrillard lui-même a bien défini ce qui les séparait. Dans Le Crime parfait (1995), il écrit : « La virtualité est autre chose que le spectacle, qui laissait encore place à une conscience critique et à une démystification. L'abstraction du "spectacle", y compris chez les Situationnistes, n'était jamais sans appel. Tandis que la réalisation inconditionnelle, elle, est sans appel. [...} Alors que nous pouvions affronter l'irréalité du monde comme spectacle, nous sommes sans défense devant l'extrême réalité de ce monde, devant cette perfection virtuelle. En fait, nous sommes au-delà de toute désaliénation[6] » Le concept de spectacle proposé par Debord n'est pas une critique des seuls médias, mais une actualisation du concept d'« aliénation » tel qu'il a été élaboré par Hegel, Feuerbach et Marx. La citation de Feuerbach portant sur la préférence scandaleuse que l'époque moderne accorde à la copie au détriment de l'original et que Debord a posée comme exergue de La Société du spectacle contient le noyau de la théorie de Debord. Le concept d'aliénation comporte celui d'« authenticité » et, dans son sillage, ceux d'« original », d'« essence », de « vérité » et de « substance » ; le « spectacle » s'associe chez Debord constamment au « mensonge », à la « falsification >> et à l'« idéologie matérialisée ». Baudrillard, au contraire, résume ainsi son propre parcours : « Dans un premier temps, la simulation, le passage généralisé au code et à la valeur-signe, est décrite en termes critiques, à la lumière (ou à l'ombre) d'une problématique de l'aliénation. C'est encore, à travers des arguments sémiologiques, psychanalytiques et sociologiques, la société du spectacle qui est en cause, et sa dénonciation. La subversion s'y cherche encore dans la transgression des catégories de l'économie politique : valeur d'usage, valeur d'échange, utilité, équivalence. Les référents de cette trans­gression seront la notion de dépense chez Bataille et celle de l'échange-don chez Marcel Mauss, la consumation et le sacrifice, c'est-à-dire encore une version anthropologique et antiéconomiste, où la critique marxienne du capital et de la marchandise se généralise en une critique anthropolo­gique radicale des postulats de Marx. Dans L'Échange symbolique et la Mort, cette critique passe au-delà de l'économie politique [7]. »


                                                                                         Anselm Jappe
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jeudi 1 juin 2017

L’arnaque Emmanuel Macron de A à Z





Un Article du 27 février 2017, donc avant l'élection imposée par le Média du produit Macron. Un bon résumé de l'origine du poison.




Inconnu il y a peu encore, Emmanuel Macron est sans nul doute une figure importante de la présidentielle 2017. Il est celui que les médias présentent comme l’homme de la situation. Ses meetings sont retransmis par les grandes chaînes d’information en temps réel. Bien que son bilan de Ministre de l’économie et des finances ne plaide pas en sa faveur (600 000 chômeurs de plus), ses partisans voient en lui un modèle d’efficacité.

Dès ses premiers pas dans le monde politique il a essayé de se présenter comme un leader “anti-système”, alors qu’il est un pur produit du sérail. Il plébiscite la réforme des institutions qui, selon lui, sont un frein à la modernité. Il est en France le chef de file d’une doctrine économique qui prône la déréglementation pour les entreprises transnationales. Il est le grand responsable du « scandale d’État Alsthom. Pour rappel, Alsthom Energie fut cédée en 2014 pour une bouchée de pain à l’entreprise américaine General Electric. Bref, Emmanuel Macron est l’incarnation du Traité constitutionnel (libéral) qu’une majorité de français ont rejeté au soir du 29 mai 2005.

Pourtant, à en croire les instituts de sondage, Emmanuel Macron est la personnalité politique préférée des Français. Ces derniers sont-ils devenus amnésiques au point d’oublier la caste de banquiers dont il est issu ?… ou plus simplement bénéficie-t-il d’une répétition de messages favorables dans les médias ?

Aussi, pour appréhender au mieux le “phénomène Macron”, plusieurs questions doivent trouver réponse. Par exemple : Quels sont les réseaux qui le soutiennent ? Qui le finance ? Au-delà des apparences, que dit-il vraiment ? Son discours se tient-il ? Est-il comme on nous le présente un véritable “fer de lance” ?

Groupes de pression & réseaux du patronat

En avril 2016 le journal Mediapart écrivait dans l’une de ses rubriques : « En annonçant la création de son mouvement « En marche! », le Ministre de l’économie a omis de préciser que l’adresse légale de son association était le domicile privé du directeur de l’un des principaux clubs patronaux, l’Institut Montaigne ».
Véritable officine au service de l’organisation patronale (MEDEF), l’objectif de l’Institut Montaigne est de promouvoir des idées néo-libérales telles que la mise du gaz de schiste au service de la compétitivité, la privatisation de l’assurance maladie, l’augmentation du temps de travail, ou encore le départ à la retraite à 63 ans avec une durée de cotisation de 43 ans. Il convient aussi de noter que le président de l’Institut Montaigne Henri de Castries fut président-directeur-général du groupe d’assurance Axa de mai 2000 à août 2016, où il s’est vu accorder un salaire annuel (hors revenus du capital) oscillant entre 2,8 millions et 3,2 millions d’euros. Quant à sa retraite (dorée), elle atteint un confortable revenu annuel de 1 056 000 euros.

En 1994, Henri de Castries était nommé à la French-American Foundation, institution connue pour être un Cheval de Troie du libéralisme américain dans la société française, qui compte parmi ses anciens disciples communément appelés « Young Leaders », une ribambelle de journalistes et de personnages politiques français. En septembre 2016, sur le site de la French-American Foundation nous pouvions lire « Breakfast avec Emmanuel Macron, ministre de l’Économie.

Rappelons aussi que Henri de Castries a pris en 2012 la présidence du comité de direction du très opaque groupe Bilderberg, où l’on discute uniquement entre pairs, et qu’il a fini par rejoindre l’équipe de campagne de François Fillon,

De son côté, le directeur général de “Terra Nova” Thierry Pech, un think tank proche du PS, réfute les informations concernant sa participation active au mouvement d’Emmanuel Macron « En Marche ». Ceci-étant, dans Libération Thierry Pech ne cache pas sa «proximité intellectuelle» avec Emmanuel Macron. Une proximité confirmée par le grand nombre de membres et de contributeurs réguliers de “Terra Nova” qui apportent un soutien sans faille à Emmanuel Macron. En particulier, les économistes Philippe Aghion, Élie Cohen, Gilbert Cette, le Libéral-libertaire Daniel Cohn-Bendit, l’homme d’affaires Henry Hermand, Jacques Attali, le dirigeant d’entreprise Louis Gallois, et le sénateur socialiste Gérard Collomb.

Homme de réseaux, Gérard Collomb soutient ouvertement le mouvement « En Marche! » depuis sa création. Pour preuve, ce dernier déclara par voie de presse « Les 23 et 24 septembre 2016, nous organiserons à Lyon un colloque des réformistes européens et mondiaux avec l’Institut Montaigne, les think tanks “Les Gracques” (un autre groupe de pression) et “Terra Nova”. Il y aura aussi des think tanks italiens, allemands, anglais et des membres de l’équipe d’Hillary Clinton ». Cependant, “Terra Nova”, toujours très proche du parti socialiste, décidera de se retirer de l’événement.

Roger Lenglet et Olivier Vilain, tous deux auteurs d’“Un pouvoir sous influence, quand les think tanks confisquent la démocratie » nous démontrent que ces think tanks ont pour point commun d’être soutenus par des groupes industriels cotés en bourse et favorables à la déréglementation économique. Leur enquête comprend une étude qui mesure le nombre de fois où les think tanks sont cités publiquement par les parlementaires et dans les médias. Roger Lenglet nous résume ici “qu’avec l’auréole de l’expertise, on voit depuis les années 2010 se multiplier l’influence des think tanks« . Lenglet et Vilain, dans leur travail de décryptage, reviennent sur l’influence libérale des think tanks tels que Terra Nova , l’Institut Montaigne ou la Fondation Jean-Jaurès.

Macron-orga

L’Institut Montaigne est financé entre autres par des entreprises du CAC 40 telles que Veolia, Sanofi, Rothschild & Cie, Michelin, Microsoft, Groupama, Bank of America, Merrill Lynch, BNP Paribas, Bolloré, Bouygues.

Selon le journal en ligne Rue89, en 2013, Terra Nova était financée à 80 % par le mécénat d’entreprise et 20% par la cotisation des adhérents. Parmi les mécènes: Areva, EDF, Caisse des Dépôts, Microsoft, Sanofi, Vivendi, Google, etc. En somme du déjà-vu plus haut, et il n’est pas difficile de comprendre que comme l’Institut Montaigne, Terra Nova est plus un lobby au service du capital qu’un cercle de réflexion.

Quant à la Fondation Jean-Jaurès, si l’on en croit son dernier rapport, elle perçoit des subventions du Premier ministre (31%), des subventions publiques sur projet (28%), des fonds issus de partenariats européens (17%), du Mécénat (14%), ses ressources propres (publications, dons…) ne représentant que 10% de ses revenus.

Financements en eaux troubles

En novembre 2016, Europe 1 se fait le porte parole d’”En Marche!” en titrant une chronique : « Macron répond à Hamon sur le financement de “En Marche!” : « Chez moi, on ne vit pas du contribuable« .

Benoît Hamon lui avait posé la question suivante « Si tu es hors système, acceptes-tu de rendre publique et transparente [la liste des] donateurs de ta campagne ? » Pour se défausser, Emmanuel Macron évoque le secret fiscal qui protège l’identité des donateurs. Il ajoute « Un ancien ministre devrait savoir qu’il faut respecter la loi. » Puis il conclut « Je suis en effet hors système puisque j’ai créé un mouvement en avril dernier et ce mouvement n’a aucune subvention publique. Donc chez moi, on ne vit pas du contribuable« .

En premier lieu, nous sommes en droit de penser que Benoît Hamon demande simplement à Emmanuel Macron des indications sur les gros donateurs (organismes financiers, Banques, etc). Et la moindre des chose eût été que le candidat Macron fasse preuve de transparence.

Nous pouvons également constater qu’Emmanuel Macron ne manque pas de toupet quand il déclare qu’un ancien ministre devrait savoir qu’il faut respecter la loi. Rappelons-nous en effet qu’à l’époque où il était ministre, Emmanuel Macron avait sous-évalué la valeur de la maison de son épouse de 200 000 €.

Emmanuel Macron nous dit ensuite « chez moi, on ne vit pas du contribuable« . Sur ce fait, il omet simplement d’expliquer qu’il n’a pas d’aide directe car pour l’heure “En Marche!” n’a tout simplement pas d’élus. Mais la loi permet à tout donateur de dons ou cotisations à un parti politique de bénéficier d’une réduction d’impôt. Donc par voie de conséquence “En Marche!” bénéficie d’une aide indirecte de l’État.

Et concernant les aides directes, En marche présentera 577 candidats aux législatives qui suivront l’élection présidentielle. Dès lors la loi prévoit un financement public accordé aux différents partis en fonction de deux critères : premièrement leurs résultats aux élections législatives, pour ceux qui ont présenté des candidats ayant obtenu au moins 1% des voix dans au moins 50 circonscriptions, et deuxièmement leur nombre de parlementaires. Pour vous faire une idée plus précise, sachez qu’en 2013 le montant global versé aux partis et formations politiques de métropole et d’outre-mer s’est élevé à 70 083 332,15 € dont notamment : 28 480 742,50 € pour le PS ; 19 870 309,79 € pour l’UMP ; 5 543 646,41 € pour le FN ; 3 521 792,11 € pour Europe Écologie-Les Verts ; 3 222 320,99 € pour le PCF (décret n°2013-430 du 27 mai 2013).

Regardez la porte parole Laurence Haïm très mal à l’aise dès qu’il s’agit d’évoquer le financement de la campagne de Macron.

lundi 8 mai 2017

Résultats du second tour de l'élection présidentielle 2017





Quelle légitimité ?

Votes blancs et nuls, abstention : les résultats du second tour s’ils étaient pris en compte

Les quatre millions de bulletins blancs ou nuls et les 12 millions d’abstentionnistes de ce second tour donnent des résultats très différents lorsqu’on les comptabilise.
Emmanuel Macron n’a pas la majorité absolue (50 %), puisqu’il n'a réuni que les suffrages de 43,63 % du corps électoral français (c’est-à-dire des personnes inscrites sur les listes électorales), tandis que Marine Le Pen en a récolté 22,38 %.
Le corps électoral français n'étant lui-même qu'une partie de la population du pays...
Lorsque l'on sait que les électeurs de Macron sont en grande majorité des bisounours qui se jettent dans la mondialisation sauvage pour échapper au fantôme de Herman Goering, des oies blanches égarées en permanence par le Média, on comprend mieux la déliquescence de l'époque.

vendredi 28 avril 2017

Cirque électoral en France

  Rassemblements hors des grandes places le soir du 7 mai

Le 8 mai, participez à la première mobilisation sociale du quinquennat !


Appel à se rassembler hors des grandes places, le soir du second tour des élections présidentielles, le 7 mai 2017, et éviter les écueils des habituelles grandes places parisiennes de la répression que sont République, Bastille, Nation.

Nous sillonnerons Ménilmontant, Belleville, Couronnes, Place des Fêtes, Stalingrad, Pyrénées, Télégraphe et nous ferons ce qu’il y a à faire face aux symboles du capitalisme et du pouvoir. Nous monterons des barricades et cramerons des poubelles pour nous réchauffer et refaire le monde. Nous occuperons la rue pour affirmer d’une manière claire et définitive que nous sommes ingouvernables. C’est ça notre projet ! Et comme le disait une pote de Macron : "There is no alternative !".

Ne soyons pas dupes ! Le prochain président de la République prépare déjà sa politique anti-sociale. Dès le premier jour de sa mandature, mobilisons-nous tous le 8 mai à 14h, place de la République à Paris pour lui dire que nous ne le laisserons pas appliquer sa politique ultra-libérale comme la #LoiTravail et sa volonté de gouverner avant l’été par ordonnances contre nos intérêts.

 

Le Pen-Macron


Quelques manifestations spontanées ont éclaté dans l'Hexagone peu après la publication des premiers résultats de l'élection présidentielle, qui a vu Emmanuel Macron et Marine Le Pen se qualifier pour le second tour. 

Si la présence de la candidate du Front national (FN) est un moteur de ces mouvements qui se tiennent majoritairement en terres hostiles au FN, celle de l'ancien employé de la banque Rothschild l'est tout autant. Les manifestants dénoncent en effet une «mascarade électorale».

Nantes : «ni banquier, ni raciste»
A Nantes, une centaine de manifestants ont défilé dans les rue en scandant «ni Le Pen, ni Macron». Ils répondaient notamment à l'appel du collectif Nantes ingouvernable lancé il a quelques jours : «Quels que soient les deux finalistes du spectacle électoral, nous aurons toutes et tous une bonne raison de nous retrouver dans la rue, plutôt que d’assister, médusés et isolés à la soirée électorale devant un écran.»
A plusieurs reprises les forces de l'ordre sont intervenues pour diviser le cortège, ce qui n'a pas empêché les dégradations de mobilier urbain ou les feux de poubelles.

A Bordeaux, menée par des militants antifascistes, une centaine de personnes ont défilé dans les rues avec des slogans tels que «Plus d’élections, autogestion», ou encore «la jeunesse emmerde le Front national» mais aussi «la jeunesse emmerde le front républicain» et «Macron, Le Pen même combat». Des fumigènes ont été allumés derrière un banderole «On vaut mieux que ça» et quelques feux de poubelles ont émaillé le parcours improvisé ainsi que des jets de projectiles à l'encontre des forces de l'ordre, qui sont parvenues à disperser le cortège vers 22h30.
Rennes : «Macron, Le Pen, on n’en veut pas»
Dans la ville de Rennes, malgré un arrêté préfectoral interdisant tout rassemblement dans le centre-ville, environ 200 personnes sont parties en manifestation sauvage. Ils ont défilé dans les rues aux cris de «Macron, Le Pen, on n’en veut pas» ou encore «Rennes debout, soulève-toi», sans causer de dégâts majeurs. Un important dispositif policier était déployé, qui a pu «nasser» les manifestants.
Rouen :«A bas les élections et vive la démocratie !»
Une centaine de personnes se sont rassemblées à Rouen derrière une banderole «Les Français ont leur présidentielle, les révolutionnaires ont Rouen». Aucun incident majeur n'a été à déplorer.

Toulouse et Strasbourg : rassemblements anti-FN
Dans la ville rose, le rassemblement se focalisait davantage sur la candidate du Front national, que sur la «mascarade électorale». Une centaine de personnes s'étaient réunies sur la place du Capitole. Les forces de l'ordre, présentes en nombre, n'ont pas eu à se déployer. De la même manière, quelques personnes se sont rejointes à Strasbourg, pour marquer leur mécontentement de voir la candidate du FN présente au second tour. Elles ont brièvement bloqué le tram, avant d'être dispersées par la police. Ces actions dans de nombreuses villes ont fait écho à la «nuit des barricades» dans la capitale, où quelques minutes après l'annonce du résultat du premier tour de l'élection présidentielle, des violences ont éclaté.

POGO des CRS

Des broutilles pour une confirmation. Les banquiers peuvent faire l'économie des vieux parti, qui leur coûte cher pour des résultats médiocres, en imposant un des leurs sans passer par le circuit politique désuet des appareils.

mardi 18 avril 2017

Israël face aux détenus en grève de la faim


Environ 1 300 prisonniers palestiniens refusent depuis lundi de s’alimenter pour dénoncer leurs conditions ignobles de détention.



Israël doit mettre fin à sa politique « illégale et cruelle » à l’égard des prisonniers palestiniens.

La politique mise en œuvre par Israël depuis des décennies, qui consiste à incarcérer des Palestiniens de Cisjordanie occupée et de Gaza dans des prisons situées en Israël et à les priver des visites régulières de leur famille, est cruelle et constitue une violation flagrante du droit international, a déclaré Amnesty International, alors que des prisonniers s’apprêtent à observer une grève de la faim collective qui doit démarrer le 17 avril, à l’occasion de la Journée des prisonniers palestiniens.

Amnesty International a recueilli les témoignages de membres de familles et de prisonniers palestiniens détenus dans le système carcéral israélien, qui mettent en lumière la souffrance endurée par les familles qui sont parfois privées de la possibilité de voir leurs proches détenus pendant de nombreuses années.

« La politique d’Israël qui consiste à incarcérer les Palestiniens arrêtés dans les Territoires palestiniens occupés dans des prisons en Israël est une violation flagrante de la Quatrième Convention de Genève. C’est une pratique illégale et cruelle, et les conséquences pour le détenu et ses proches, qui sont souvent privés de la possibilité de le voir pendant des mois, voire des années, peuvent s’avérer dévastatrices
», a déclaré Magdalena Mughrabi, directrice régionale adjointe du programme Afrique du Nord et Moyen-Orient à Amnesty International.

« Au lieu de transférer illégalement les prisonniers en dehors des territoires occupés, Israël devrait faire en sorte que tous les Palestiniens qui y sont interpellés soient placés dans des prisons et des centres de détention situés dans les Territoires palestiniens occupés. En attendant, les autorités israéliennes doivent cesser de se servir des restrictions excessives des droits de visite pour sanctionner les prisonniers et leurs familles, et garantir que les conditions respectent pleinement les normes internationales. »

Les détenus palestiniens qui s’apprêtent à participer à la grève de la faim collective la semaine prochaine présentent une série de revendications, notamment la levée des restrictions sur les visites et les contacts avec les familles. Les prisonniers palestiniens détenus pour des raisons de sécurité n’ont pas le droit de téléphoner à leurs familles. La grève de la faim a été annoncée par le leader incarcéré du Fatah Marwan Barghouthi. Plusieurs factions politiques et prisonniers ont annoncé qu’ils participeraient à cette action.
Aux termes du droit international humanitaire, les détenus originaires des territoires occupés doivent être détenus dans ces territoires et non dans celui de la puissance occupante. Ils doivent aussi être autorisés à recevoir des visites, notamment de leurs proches, à intervalles réguliers et aussi souvent que possible.

Selon le Club des prisonniers palestiniens, une organisation non gouvernementale (ONG), on compte actuellement 6 500 prisonniers palestiniens, dont au moins 300 mineurs, détenus pour des motifs sécuritaires dans des prisons et centres de détention gérés par Israël. Les 17 centres – sauf un – sont situés sur le territoire israélien. La grande majorité des prisonniers sont des hommes, 57 sont des femmes, dont 13 âgées de moins de 18 ans. Treize sont des membres du Conseil législatif palestinien. Au moins 500 personnes sont détenues sans inculpation ni jugement au titre de la détention administrative, une pratique qui bafoue les garanties édictées par le droit international pour prévenir la détention arbitraire. Selon le porte-parole de la Commission chargée des Affaires des prisonniers palestiniens, Hasan Abed Rabbo, au moins 1 000 prisonniers ne sont pas autorisés à recevoir la visite de leur famille pour des « motifs de sécurité ». Il a ajouté qu’entre 15 et 20 prisonniers sont actuellement détenus à l’isolement, privés de tout contact avec leurs codétenus et des visites de leur famille.

« Ahmed » (son nom a été modifié pour protéger son identité), 32 ans, originaire d’Hébron, se trouve en détention administrative à la prison de Ketziot, dans le désert du Néguev. Il n’a reçu qu’une seule fois la visite de ses proches, alors qu’il a passé de manière intermittente cinq ans et demi dans les geôles israéliennes entre 2005 et 2017. Il a déclaré à Amnesty International qu’il participera à la grève collective dans l’espoir que cela amène les autorités à autoriser sa mère âgée de 70 ans à lui rendre visite, alors qu’elle a essuyé plusieurs refus. Il a été arrêté sept fois au total. Sa détention administrative doit faire l’objet d’un renouvellement le 29 juillet.

« J’ai reçu une seule visite de ma famille pendant mon incarcération. En 2006, ma mère et mon père ont pu me rendre visite, car mon père était souffrant. Il avait 75 ans, et c’est la dernière fois que je l’ai vu. Il est mort pendant que j’étais en prison. »
« Personne ne peut me rendre visite, ma mère a plus de 70 ans et on lui refuse l’autorisation pour des raisons de sécurité... J’ignore quand je serai libéré ou combien de temps je vais passer en prison, je veux pouvoir voir ma famille. Les autorités israéliennes utilisent les permis pour me punir... Je ne sais pas combien de temps [ma mère] a [encore à vivre] et si je pourrai la revoir quand et si je suis remis en liberté. »

Najat al Agha, 67 ans, originaire de Khan Younis dans la bande de Gaza, a déclaré à Amnesty International que son fils, Dia al Agha, 43 ans, est incarcéré en Israël depuis 25 ans. À l’âge de 19 ans, il a été condamné à la réclusion à perpétuité après avoir été reconnu coupable de meurtre. Il est détenu à la prison de Nafha, à Mitzpe Ramon, dans le sud.

« J’ignore pourquoi mes demandes sont rejetées. J’ai 67 ans. Quelle menace suis-je censée représenter pour la sécurité d’Israël ? Tout ce que je veux, c’est le voir et m’assurer qu’il va bien. Je ne sais pas combien de temps il me reste à vivre, chaque visite peut être la dernière. J’ai peur de mourir avant de le revoir
», a déclaré sa mère.
« Chaque fois que je dépose une demande de permis, elle est rejetée. Cela fait presque un an que je n’ai pas vu mon fils, c’est très dur. Ils nous punissent, ils cherchent à nous briser. »

D’après le règlement des Services pénitentiaires israéliens, tous les prisonniers ont le droit de recevoir la visite de leur famille une fois toutes les deux semaines. Pourtant, dans la réalité, parce que les Palestiniens des territoires occupés doivent déposer une demande de permis pour entrer en Israël, ils ne peuvent pas faire des visites aussi fréquentes. En outre, le règlement des Services pénitentiaires israéliens permet aux autorités d’annuler pour des motifs de sécurité le droit d’un détenu de recevoir les visites de sa famille.
Les prisonniers de Gaza sont les plus touchés par les restrictions, car l’armée israélienne n’accorde des permis aux familles de la bande de Gaza qu’une fois tous les deux mois. Cette politique touche environ 365 prisonniers originaires de Gaza actuellement détenus en Israël. En outre, les prisonniers du Hamas, ainsi que ceux qui vivent dans les mêmes ailes des prisons, ne sont autorisés à recevoir qu’une visite par mois, quel que soit leur lieu d’origine.

Un garçon palestinien tient la photo encadrée d'un de ses proches, un membre du Conseil législatif palestinien incarcéré, lors d'une manifestation organisée le 5 juillet 2009 à Ramallah, en Cisjordanie, pour demander la libération des prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes.

Depuis 1969, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a la charge de servir de médiateur et de faciliter tous les aspects liés aux visites des familles de prisonniers de Cisjordanie et de Gaza, sans aucune aide logistique ni financière d’Israël. Les habitants de Cisjordanie et de Gaza déposent une demande auprès du CICR pour recevoir des permis et s’en remettent au CICR pour organiser le transport vers les prisons, en accord avec les Services pénitentiaires israéliens. En juillet 2016, le CICR a réduit le nombre de visites organisées pour les familles des prisonniers originaires de Cisjordanie – de deux à une par mois. Un représentant de l’organisation a expliqué que cette décision a été prise pour mieux gérer les ressources du CICR en raison de la faible présence des familles lors des visites. Cette réduction ne concerne pas les femmes, les mineurs ni les prisonniers hospitalisés. Depuis, le CICR a proposé trois visites annuelles supplémentaires pour tous les prisonniers, à l’occasion des grandes fêtes.

« Reham » (son nom a été modifié) est une Palestinienne de 27 ans originaire de Ramallah, dont le frère est emprisonné en Israël depuis 15 ans. Il avait 12 ans lorsqu’il a été arrêté. Il purge une peine de prison de 30 ans et est actuellement détenu au centre d’Hadarim. Selon Reham, l’incertitude liée à l’attente d’une réponse à une demande de permis de visite est source de très fortes tensions pour sa famille. Depuis octobre 2016, elle s’est vu refuser des permis réguliers pour des motifs de sécurité, et doit désormais renouveler son permis après chaque visite. Sa mère malade n’a été autorisée à rendre visite à son fils que deux fois en quatre ans avant de mourir. Il n’a pas été autorisé à assister à ses funérailles.

Les autorités israéliennes jouent avec nos émotions, elles nous torturent et nous punissent
- "Reham", la sœur d’un détenu
Selon l’association Addameer, la plupart des habitants de Cisjordanie qui rendent visite à des proches détenus mettent entre huit et 15 heures pour se rendre à la prison, en fonction de l’endroit où se situe la prison et de leur lieu de résidence. Ils sont soumis à de longues palpations et parfois à des fouilles au corps.
« Les autorités israéliennes jouent avec nos émotions, elles nous torturent et nous punissent. Elles cherchent à nous casser, à nous épuiser, jusqu’à ce que nous acceptions de rendre moins fréquemment visite à nos proches en raison de toutes les humiliations, les fouilles, les abus et les insultes imputables aux soldats et aux gardiens de prison », a déclaré « Reham ».

Complément d’information:

Outre la levée des restrictions sur les visites des familles, les prisonniers qui vont observer une grève de la faim mettent en avant une série de revendications, notamment un meilleur accès aux soins médicaux ; l’augmentation de la durée des visites de 45 à 90 minutes ; pour les femmes détenues, la possibilité de recevoir des visites sans cloison vitrée, afin que les mères puissent prendre leurs enfants dans les bras ; l’amélioration des conditions de détention, notamment l’allègement des restrictions concernant l’entrée des livres, des vêtements, de la nourriture et d’autres cadeaux apportés par leurs familles ; le rétablissement de centres éducatifs et l’installation de téléphones pour permettre aux prisonniers de communiquer avec leur famille.

samedi 1 avril 2017

Paris Manifestation pro-palestinienne


Samedi 1er avril à Paris place du Châtelet


Séparation du Crif et de l'État !


Les organisations CAPJPO-EuroPalestine et Droits Devant ont déposé une déclaration de manifestation auprès de la préfecture de police de Paris (PP) pour « célébrer la résistance palestinienne à l’occupation et à la colonisation de l’occupant israélien » et « exiger des sanctions cruelles» à 14 heures sur la place du Châtelet.





L’année 2017 marque 100 ans de résistance palestinienne face au projet politique de domination raciste et criminel israélien

Malgré toutes les attaques législatives, les procès, les tentatives d’intimidations, les cyber-attaques contre les membres de la campagne Boycott Désinvestissement Sanctions à l’échelle internationale et locale, l’IAW et le mouvement BDS grossit et ne cesse de tisser des liens de solidarité avec d’autres luttes pour la réalisation de la liberté, l’application de la justice et du droit à l’autodétermination des peuples.

2017 a encore été l’occasion d’envoyer un message populaire fort et clair à nos dirigeant-e-s !

Les deux tournées prévues dans le cadre de la semaine contre l’apartheid israélien ont eu lieu et ont débuté la première avec l’intervenant Hazem Jamjoum à Paris 8 le 6 Mars dernier, puis la seconde avec Tisetso Magama la semaine suivante

En passant par Rennes, Saint Saint-Nazaire, Toulouse, Montpellier et Saint Étienne la première tournée de conférences a été un succès et ce malgré les différentes pressions et tentatives de censure que nous avons reçues.

L’intervenant Hazem Jamjoum, doctorant en Histoire et en études du Moyen-Orient et un des organisateurs de la première Semaine contre l’Apartheid Israélien en 2005 a pu délivrer son message dans chaque endroit où il est passé et des pistes de travail et connexions ont émergé lors de ces différentes rencontres.

La deuxième tournée a quant à elle débuté le 13 mars dernier avec comme intervenant Tisetso Magama,  leader de la campagne de libération de Nelson Mandela et membre actif de la campagne BDS en Afrique du Sud qui lui aussi s’est rendu de ville en ville en passant par Rennes, Lille, Paris, Grenoble, Saint Étienne et Marseille.

Des actions ont eu lieu en aval et en amont de ces deux tournées et le message de soutien à  la résistance populaire palestinienne est bien passé.

Ce succès nous encourage à intensifier nos efforts pour développer la Campagne BDS en France et notamment son volet universitaire.

www.bdsfrance.org

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